Oui, c'est bien la peine de faire la crèpe derrière l'écran sur la marmelade de Mimi, c'est bien la peine de demander à Malilène où elle a caché sa confiture quand on a soi-même une gourmandise d'automne qui attend patiemment son heure.
Après une petite trempette dans la baignoire, un petit essorage dans un drap de bain, mon textured a eu droit de faire bronzette au pied du radiateur.
J'ai sauté l'étape de l'épinglage, inutile puisque ma rouillerie s'est montrée docile et s'est placée exactement comme je souhaitais. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?
Au bout d'un moment, lasse d'aller contrôler si mon châle était sec, archisec, je me suis décidée à aller me promener dans les bois pendant que le soleil était là.
J'ai dû abréger ma promenade car tout à coup, un andouille a éteint la lumière, il s'est mis à tomber des cordes et puis surtout mon panier était plein.
Je suis rentrée trempée comme une soupe mais je pense que ça en valait la peine.
Comme d'habitude, coulemelles, agarics anisés et cèpes mais cette fois, la balance penche très très nettement en faveur des cèpes. Un petit nouveau s'est glissé dans le panier, un bolet bai. Vous le reconnaissez? Il est un peu plus bronzé que les autres.
Pendant que je photographiais la cueillette du jour (dans l'euphorie, j'ai laissé la porte ouverte), un drame a bien failli avoir lieu à mes pieds:
Fort heureusement, pas de dégâts, mon châle est intact, pas un seul fil tiré.
Il n'est toujours pas sec, archisec mais il est désormais à l'abri, je l'ai enfermé.
Demain, si tout va bien, je pourrai l'enrouler autour de mon cou.